mardi, 29 septembre 2009

A 25ans, je ne serai pas maman

Bon je sais que ça fait très longtemps que je n'avais pas écris, mais je n'ai pas oublié ce blog, juste que je n'avais plus de temps à lui consacrer et puis j'ai peur qu'il soit découvert par des gens de ma famille.


Ce soir, j'ai la tête en pleine confusion, la dure réalité m'est revenue en pleine face, alors que je rêvais d'avoir mes enfants avant mes 25ans, je me suis rendue compte que ça sera impossible parce qu'il me reste que 3ans et 7mois avant l'échéance et que durant cette période beaucoup de choses doivent se passer, trop de choses.

En fait, si je faisais cette/ces enfant(s) seule, ça serait possible avant mes 25ans, mais je n'ai pas envie, je veux que mon/mes enfant(s) soi(en)t aussi ceux de mon Bonsaï, légalement, qu'il(s) porte(nt) son nom, parce que je n'aime pas le mien déjà et aussi pour qu'un jour on porte tous le même nom de famille. Sauf qu'en France ce n'est pas possible d'avoir 2 parents qui sont de même genre pour l'état civil... Donc avant qu'on fasse nos/notre enfant(s) il faut :


-que mon Bonsaï commence un suivi psy

-que le psy lui donne son attest pour qu'il puisse commencer la testo

-trouver un chirurgien pour les 2opérations

-trouver un avocat qui accepte de l'aider pour son changement d'état civil

-passer devant le juge

-que les papiers changent


Mais avant de commencer ces étapes, il faut que mon Bonsaï coupe les ponts avec ses parents et qu'il déménage vers chez moi, qu'on vive dans la même ville au moins un an, puis qu'on emménage ensemble et qu'on survive à tous ces changements.


Sans oublier l'argent parce que transitionner coute cher, et faire un bébé coute cher aussi quand on doit aller à l'étranger parce que notre pays ne nous donne pas la liberté d'enfanter, et que le métier que j'ai choisi se fait plus par passion que pour l'argent.


Et aussi que mon corps n'a pas l'air très d'accord pour fonctionner dans le but que je puisse avoir des bébés sans trop de traitements, je crois que mon Bonsaï et moi nous aurons à l'avenir la même passion pour les piqures.


Tout ça pour dire que faire un bébé ce n'est pas toujours évident, surtout quand on a un corps assez rebelle et un couple qui sort de l'ordinaire. Mais je ne changerai pas de niais pour que procréer soit plus aisé.

dimanche, 16 novembre 2008

Le guide du parfait parent d'enfant trans

Vous vous posez des questions, des choses bizarres se passent sous votre toit. Rocco votre charmant petit garçon de 4ans joue aux Barbies et se déguise en princesse il veut même épouser Octave le petit voisin d'en face quand il sera une fille. Ou alors vous apercevez votre fille chérie, Alizée qui monte aux arbres en s'accrochant aux cheveux que la belle Raiponse lui aura envoyé du haut de sa tour où elle est enfermée afin de la sauver tel un chevalier sur son fidèle destrier.


Vous criez au scandale « Mon Dieu aidez moiiiiii , mon enfant devient homosexuel/le ». Mais nooooon pas du tout, ille n'est pas homosexuelLE mais transexuelLE !! c'est tout de même différent.

Allez, il est encore petit, vous avez le droit d'espérer que ce n'est qu'une passade, mais n'oubliez pas ce moment, gardez le en mémoire ça risque d'être utile pour la suite des évènements.



(Petite musique de fond rassurante)


Les enfants ont grandis, Alizée est une rambo miniature, c'est parti pour le crane rasé ou presque, les pulls informes, les baggys et les chaussures de skate. Elle refuse ce corps qui bourgeonne et rêve secrètement de se réveiller un matin et ohhhh mais c'est merveilleux, sans contrefaçon elle est un garçon. En réalité, tous les soirs, elle pleure d'être dans ce mauvais corps, à se mettre dans la tête qu'elle est un monstre. Et vous? Vous ne voyez rien, c'est l'adolescence ça passera.


Dans le même temps, Rocco a laissé pousser ses cheveux et essaye par tous les moyens de ne pas grandir, une fille trop grande ne sera pas désirée. Tous les matins, c'est les pleurs au réveil quand il voit les actions de la nature sur cette chose en trop et tous les matins c'est les hontes. Boys don't cry ... alors il se cache. Au collège c'est pareil, il faut se cacher pour ne pas se faire frapper ou insulter.

Là encore, vous ne voyez rien. C'est difficile d'accepter son corps à l'adolescence ça passera.


(Autre interlude musicale)


Il est temps de se rendre à l'évidence, votre chérubin est bien un ange. Il n'a pas de sexe ou du moins son anatomie ne correspond pas au genre de son esprit. Rocco et Alizée ont 16/17.../30ans ça dépend.

Petit à petit, ils se sont éloignés de leur genre de naissance, Rocco a mis des habits de moins en moins masculins, ça a commencé par des pantalons qui devenaient plus serrés, dans le même temps vos jupes ou celles de votre femme disparaissaient et puis il a pu voulu mettre les habits que vous lui achetiez, il s'éloignait de vous, et avait l'air préoccupé.


Alizée a abandonné tout vêtement féminin des pieds à la tête elle est habillée en garçon. On lui donne du « jeune homme » dans la rue et au lieu de crier au scandale, elle sourit , elle en a l'air ravie. Vous, vous avez un peu honte. Vous rêviez d'une fille et vous vous retrouvez avec « ça » , cet enfant encombrant qui correspond plus à vos attentes. Vous souffrez en silence, sans vous rendre compte que votre enfant aussi souffre seul d'être incompris.


Et un jour patatras. C'est le scandale, vous trouvez par inadvertance en fouillant avec minutie la chambre de votre enfant au choix : une ceinture thoracique pour bander la poitrine, un kit complet de maquillage, des auto-collants type « le genre ça se construit et le corps aussi » ou les DVD de transamerica et boys don't cry. Le tout bien caché au fond d'un placard, dans une boite fermée à clé.

Vous vous mettez à pleurer en vous demandant « mais pourquoi moi?! » et une fois que votre enfant rentre, vous vous mettez à lui hurler dessus en le traitant de malade mental.

BIPPPPPPPPPPPPPP mauvaise réaction !!


Lorsque l'on trouve des objets compromettant dans la chambre de son enfant, on ne crie pas, on reste calme, ça peut simplement être pour une pièce de théâtre... oui très longue la pièce de théâtre .. environ euh ben une vie tiens.


On attend l'enfant et on lui pose quelques questions innocentes, plus communément appelés « perches » (non il ne s'agit pas du poisson).

Par exemple :

« tu as entendu parler de Thomas Beatie? C'est un homme qui est né femme et qui a eu un bébé au mois de juillet ».

Si l'ado en face réagit en rougissant et en évitant le sujet, vous avez tapez dans le mille. J'ai l'honneur et la joie de vous déclarer père/mère d'un enfant transgenre. Félicitations !! Vous en avez de la chance, ça ne concerne qu'un enfant sur 100 000, ce qui fait en moyenne un parent sur 50 000. Je vous conseille de jouer au loto, vous avez vraiment énormément de chance.


Et on ne culpabilise pas : non ce n'est pas votre éducation qui l'a rendu comme ça. On ne connait pas les raisons et non le faire aller chez un psy ne le/la fera pas rester dans son genre de naissance. Par contre, effectivement il sera utile qu'ilLE aille chez un psychiatre afin de pouvoir poursuivre son parcours.


Place à présent aux 10commandements


  1. Ne pas crier

  2. Ne pas culpabiliser

  3. Trouver un psychiatre compréhensif

  4. Faire le deuil de l'enfant parfait. Enfin ça ça devrait être fait depuis des années, noméoh !! Il faut le faire AVANT d'avoir un enfant ça évite les déceptions !!

    Là maintenant, vous avez plus le choix, sauf peut-être aller au Nebraska où l'abandon d'enfant est légal sans limite d'age, mais dépêchez vous, la loi va très bientôt changer, il faut accepter le changement de votre poupon qui a bien grandi.

  5. Ne pas pleurer devant votre enfant en lui disant qu'ilLE est la honte de la famille, ilLE en a bien conscience et ce n'est pas de gayté de coeur qu'on suit un parcours de changement de genre. Le coup de la veuve eplorée ça va cinq minutes !! Vous souffrez depuis des années de vous sentir comme Shrek ? Non? Alors vous ravalez vos larmes et vous soutenez la chair de votre chair, parce c'est ce qui lui arrive à lui/elle !!

  6. Ne pas le jeter à la rue, ça paraît un peu évident mais on ne sait jamais !!

  7. L'aimer et le chérir jusqu'à ce que la mort vous sépare... toutes façons, même si vous l'aimez plus, vous devrez subvenir à ses besoins jusqu'à ce qu'ilLE soit en age de le faire et vu comment la transphobie est présente dans le monde du travail; je vous souhaite bonne chance. Surtout que grâce à la procédure de changement d'état civil, ilLE sera pro en droit :D

  8. L'aider et le soutenir, dans la pauvreté (voir 7) et dans la santé (ou pas...) ouais parce que c'est pas évident d'être au top de sa forme après les opérations, et puis entre les prises d'hormones toussa toussa.

  9. Ne pas avoir honte de lui/elle. Certes ce n'est pas facile de dire « vous connaissez mon fils Rocco/ma fille Alizée et depuis quelques mois il est devenue Elisa ou elle est devenu Léonard , oui oui vous avez bien entendu, mon enfant a changé de genre, mais ne vous inquiétez pas ilLE va beaucoup mieux maintenant, merci ;) »

  10. Ne pas oublier qu'avant d'être transgenre, ilLE sera toujours votre enfant et que ce n'est pas contre vous qu'il fait ça et qu'ilLE a besoin de votre soutien pour être bien. Des parents c'est très important.

vendredi, 04 juillet 2008

Félicitation aux heureux parents

Ca y est, Thomas Beatie a accouché d'une petite fille le 29juin, et il se porte bien ainsi que sa fille.

Bien sur, cette nouvelle a amorcé une serie d'articles transphobe représant toute la bétise humaine. Un homme et une femme qui ont un bébé ça ne plait pas quand ils ne sont pas nés de sexe opposés, mais une femme et une femme  ou un homme et un homme qui ont un bébé ça ne leur plait pas non plus. Vraiment ils ne savent pas ce qu'ils veulent ces zentiers, c'est pas croyable !!

Il est offusquant pour leur esprit fermé de penser qu'un homme ait l'envie d'avoir un enfant à lui et de le porter dans son ventre, et il est meme si improbable pour eux qu'on puisse être homme sans avoir de pénis que j'ai lu que Thomas Beattie est hermaphrodyte est a en fait depuis la naissance un pénis et un uterus...

Bref ça me saoulote la betise humaine